Nucléaire : L’enceinte de confinement

Comme promis un petit post sur l’enceinte de confinement des centrales nucléaires. Je ne vais parler que de l’enceinte pas du radier. Pour certains ce sera un rappel je pense.

L’enceinte de confinement est l’une des 3 barrières de sûreté qui correspond au concept de défense en profondeur. Cela signifie qu’en cas d’accident grave l’enceinte de confinement permettra de confiner les produits radioactifs (protection du public et de l’environnement).

Les accidents en question correspondent à la rupture de la tuyauterie de plus fort diamètre : rupture de tuyauteries primaire (APRP) ou de tuyauterie vapeur (RTV).

Ces accidents sont de faible probabilité mais la 3e et dernière barrière doit y résister.

La rupture de ces tuyauteries entraîne la libération d’un fluide qui se vaporise en grande partie et engendre une augmentation de la température et de la pression dans le bâtiment réacteur.

 

 

L’enceinte doit donc résister à ces agressions internes mais également aux externes (séismes, chute d’avion, explosion, etc.). On lui demande donc d’assurer les fonctions de résistance mécanique et d’étanchéité. Dans le cas du 900MWe elle est constituée de béton précontraint (résistance mécanique et en partie étanchéité) et d’une peau métallique (étanchéité). (Schéma issu du site de l’IRSN)

 

 

 

 

Pour les 1300MWe et 1450MWe, la conception est différente avec une enceinte externe en béton armé et une enceinte interne en béton précontraint. Mais la fonction de cette double enceinte est la même que pour le 900MWe contrairement à ce qui est parfois dit… Pour l’EPR on a également une double paroi (Schéma ci-dessous issu du site de l’IRSN).

 

L’enceinte de confinement des bâtiments réacteurs est surveillée pendant le fonctionnement. Elle est également inspectée pendant les arrêts pour rechargement du cœur. Elle est testée au cours des visites décennales par une épreuve réglementaire qui consiste à appliquer dans le bâtiment une pression de 5 bars et de surveiller l’étanchéité de l’ouvrage et le comportement du GC pendant 24h. Cette pression correspond à celle d’un accident grave.

 

C’est en fonction du succès de cette épreuve que l’ASN donne son accord pour redémarrer la tranche concernée. Le taux de fuite doit respecter la limite réglementaire. La mise en œuvre de l’enceinte ne se fait pas comme n’importe quel ouvrage de génie civil. C’est une étape très importante qui suit un code de construction précis et dont les étapes de mise en œuvre sont surveillées par le constructeur, EDF et l’ASN.

Le vieillissement éventuel de l’enceinte n’est pas chimique. Il peut être lié au fluage du béton ou à la perte de précontrainte.

Il n'est pas lié à l’environnement du bâtiment réacteur. La résistance à ce vieillissement est liée surtout à la nature des matériaux et à leur mise en œuvre.

Il s’est avéré très bon jusque-là, notamment dans le 900 MWe, le plus ancien, qui démontre peu d’évolutions liées au vieillissement et les épreuves enceinte réalisées jusque là ont confirmé les observations faites.

En plus du génie civil, des revêtements spécifiquement testés en condition accidentelle sont appliqués. Ils contribuent à la protection de l’ouvrage et à l’étanchéité. Ces revêtements sont inspectés et surveillés comme le reste.

J’espère que ça aura permis de répondre à certaines questions !

 

Le petit lien vers le #thread twitter : https://twitter.com/Kako_line/status/1107376148789510144

 

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