Workshop d’experts: impact des microplastiques – état des lieux

Voici un résumé d’un workshop de janvier 2020. Il a rassemblé des experts qui travaillent sur le microplastiques et leurs impacts. Il donne une vision globale du sujet allant à l’encontre de certaines idées reçues.

Vous trouverez le compte-rendu de ce workshop ici.

Les participants de ce workshop sont des chercheurs, des ONG (WWF) et quelques entreprises (Procter & Gamble). L’état des connaissances est tout d’abord présenté de manière globale. Il y est défini :

✅ Ce que l’on sait

  • Les microplastiques sont d’origines multiples
  • Il faut plus d’études pour comprendre leurs impacts sur la santé
  • Il n’y a pas de preuve aujourd’hui que les microplastiques ont un impact sur la santé humaine (répété plusieurs fois pendant le workshop)

❌Ce qu’on ne sait pas

  • Il n’y a pas de définition internationale standardisée des microplastiques
  • On ne connait pas les quantités de microplastiques dans l’environnement
  • Les études utilisent des méthodes différentes, ne permettant pas de créer une base de données fiable.

Les microplastiques sont définies selon leur taille, forme et composition chimique. Ce qui complexifie considérablement le sujet. La forme est dépendante de la manière dont le microplastique se crée et cela est très variable en fonction du plastique et de l’environnement.

L’étude de leur forme et taille peut avoir un intérêt notamment sur leurs possibles effets sur les organismes et l’homme. C’est pour cela qu’il est important de les prendre en considération.

Quelques faits qu’il est important de noter, qui peuvent heurter fortement quelques idées reçues :

1/ Les recherches montrent que les mollusques rejettent certains types de plastiques mais en ingèrent d’autres, qui sont ensuite éliminés dans leurs excréments.

En règle générale, les particules microplastiques sont rapidement éliminées des mollusques et crustacés

De sorte qu’il y a peu accumulation dans leurs tissus et probablement peu de risques pour la santé humaine en cas de consommation de moules et d’huîtres. Même constat pour les poissons, les quantités sont négligeables.

2/ Les études indiquent qu’il n’y a pas de concentration, accumulation ou « bioamplification » croissante des microplastiques à mesure que l’on progresse dans la chaîne alimentaire marine. Il y a au contraire une diminution exponentielle avec l’augmentation du niveau trophique.

La raison probable étant que les animaux marins excrètent les microplastiques qu’ils ingèrent et ne les transmettent pas aux animaux situés plus haut dans la chaîne alimentaire. Une fois encore cela est confirmé, par un panel d’expert.

3/ L’EPA (Agence pour la protection de l’environnement, USA) a une liste de plus d’une douzaine de facteurs affectant les eaux, y compris les agents pathogènes et les métaux, mais ne mentionne pas les microplastiques. Leur quantité étant négligeable au regard des autres facteurs.

Mais on ne peut pas ignorer les risques potentiels des microplastiques pour les écosystèmes aquatiques, n’ayant pas encore d’information sur l’effet des nanoplastiques ainsi que accumulation potentielle des microplastiques dans les sédiments.

4/ L’un des experts déclare « les preuves disponibles suggèrent que les risques pour la santé liés à l’ingestion de microplastiques et des produits chimiques qui y sont associés sont minimes » en ajoutant que les études sur le sujet doivent être poursuivies.

C’est ce que je vous ai présenté plusieurs fois dans mes différents articles. Les analyses statistiques réalisées jusque-là sur le sujet sont basées sur des sources trop différentes, disparate en termes de méthode d’analyse ou de qualité d’analyse.

L’étude de WWF entrera dans ce cadre : une analyse statistique avec toutes les divergences associées aux études qu’elle intègre.

N’importe quel chercheur vous le dira. Ce panel d’expert le dit très clairement concernant les données actuellement disponibles sur le sujet.

5/ Il est également difficile d’évaluer le vieillissement de ces particules, en partie à cause de la formation de biofilms, qui affectent leur comportement. La variabilité dans les environnements est également un facteur très important et difficile à modéliser.

6/ Le polymère constitutif du microplastique n’est pas le facteur le plus critique, mais plutôt la taille, la forme ou la façon dont le matériau interagit avec l’écosystème. C’est là-dessus que les études vont s’orienter en partie.

7/ L’une des grandes difficultés quand on étudie les microplastiques, c’est de les identifier au milieu d’un écosystème complexe. Cela peut prendre beaucoup de temps et il n’est pas possible d’être exhaustif. D’où la difficulté d’obtenir une estimation fiable.

8/ il est démontré que les macroplastiques ont un impact important sur les animaux et en particuliers sur les animaux marins comme nous avons pu le voir notamment sur les tortues, les poissons ainsi que les oiseaux.

Les principales questions qui se posent sont :
Quelles sont les sources d’exposition ? Quels sont les taux de rejet et de transport ? Quels sont les effets des nanoparticules sur les différents types de cellules ? Sont-elles vecteurs de polluants chimiques dans l’environnement ?

Cela confirme ce que je vous explique depuis plus d’un an. Il y a encore beaucoup de travail à faire et il est essentiel, pour que ces travaux se fassent sereinement, de ne pas interpréter des études qui font partie d’un processus global de compréhension de ces microplastiques.

Il va falloir être patient, ça n’empêche pas de rechercher des solutions. Le panel d’expert propose plusieurs voies. On commence par les matériaux. Le challenge ici est de créer des matériaux qui aient les propriétés des plastiques que l’on connait aujourd’hui :

  • L’utilisation de plastiques biodégradables à condition qu’ils soient réellement biodégradables dans les conditions d’exposition concernées
  • Le recyclage ! notamment par le développement du recyclage matière mais aussi chimique, en créant des plastiques recyclable à l’infini.

Et bien sur les facteurs sociétaux, notamment l’importance du comportement et des connaissances du consommateur. Ce sont des éléments clés. Pour travailler sur les causes de la pollution, il faut en comprendre ses cheminements.

La réglementation doit se baser sur des faits et sur la compréhension scientifiques des problèmes.

Aujourd’hui les scientifiques une vision claire de ce qui est connu et de ce qui ne l’est pas. Évitons de brûler ces étapes essentielles de recherche et d’analyse.

Petit lien vers le Thread Twitter :

https://twitter.com/Kako_line/status/1288219837890789377?s=20

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