Des collants durables : mythe ou réalité ?

Les femmes connaissent ce problème : des collants qui filent, qui s’abiment dès qu’on les enfile… Doit-on parler d’obsolescence programmée ? Voici un article sur leur durabilité. Le procédé de fabrication est bien plus complexe qu’on ne le pense.

D’après une étude de Halte Obsolescence Programmée (HOP), 70% des collants ne tiennent pas plus de 6 utilisations. Les collants, notamment les plus fins, sont des produits connus pour filer au moindre accroc voire au moment de le mettre. On parle d’obsolescence programmée. Qu’en est-il ?

La fabrication d’une paire de collants est réalisée sur plusieurs étapes, qui ont une influence sur la qualité du produit fini. Je vais donc vous décrire 5 principales étapes et leur influence sur la qualité du produit et sa durabilité.

1/ le fil

Les collants sont généralement fabriqués à partir de Nylon (polyamide 6,6). C’est un plastique très courant. Le fil de nylon est élastique avec un faible pouvoir absorbant et qui sèche vite. Ce sont des propriétés importantes pour un vêtement près du corps.

La fibre de nylon est fabriquée par un procédé de filage à l’état fondu. En fonction du type de fil souhaité, épais ou très fin, les fibres sont associées entre elles pour former un fil, en les torsadant par exemple.

Un fil est donc constitué de plusieurs filaments, assemblés de différentes manières en fonction des propriétés souhaitées. En fonction du nombre et du diamètre de ces filaments, on obtient un fil plus ou moins dense et plus ou moins épais.

Généralement le fil de nylon n’est pas utilisé seul. Il est associé à un fil très élastique comme l’élasthanne et d’autres fils en fonction de la zone du collant : polyester, coton et parfois laine et fil métallique au niveau des coutures.

Un fil de haute qualité est obtenu par un procédé appelé guipage, qui permet d’enrouler le fil principal par d’autres fils de propriétés différentes. Cela permet également de protéger le fil principal et de bloquer le filage.

Pour déterminer l’épaisseur d’un fil et donc l’opacité d’un collant, il est nécessaire de connaître le titre de ce fil. Il existe plusieurs unités, mais les plus utilisées sont le tex : poids en grammes de 1000 m de fil ; et le denier : poids en grammes de 9000 mètres de fil.

Il faut également comprendre que plus un fil sera fin plus il sera fragile. Les collants transparents seront donc plus fragiles que les collants opaques.

Impact d’un fil de mauvaise qualité?
Il doit être homogène et sans irrégularités, c’est-à-dire sans point faible qui pourrait générer une rupture précoce. Un fil de mauvaise qualité casse plus vite et génère une usure plus rapide au niveau des zones de frottement comme le pied.

Mais cela s’accompagne généralement d’un procédé de fabrication de qualité moyenne. Il est assez rare de voir une entreprise proposant un procédé performant et de qualité utiliser un fil de mauvaise qualité Il y a également la taille du fil.

2/ Le tricotage

Le fil blanc obtenu est introduit dans une machine à tricoter circulaire constituée d’environ 400 aiguilles. Parfois plus en fonction de la complexité du tricotage et de la fragilité du fil (fin ou épais). Les aiguilles tournent à environ 1200 tr/min.

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Chaque jambe du collant est tricotée séparément sous la forme d’un tube, ce qui évite la couture à l’arrière de la jambe. Il faut environ 90 secondes pour tricoter un bas, sachant que cette durée est variable en fonction du détail et de la complexité du tricotage.

Image5

C’est à cette étape qu’il est possible de tricoter les fils en fonction de la zone de la jambe. Le soin et le détail apporté au tricotage permet d’éviter de générer des ruptures précoces en fonction de la zone de la jambe, en plus du guipage.

3/ Les finitions – la couture

Les 2 bas sont ensuite cousus ensemble pour former une paire de collants. Les ouvertures au niveau des orteils sont également cousues. Il est parfois possible d’ajouter des renforts au niveau des zones de faiblesse comme les orteils ou le talon.

Ces étapes peuvent générer des fragilités en fonction du soin apporté aux coutures et de la présence ou non de renforts.

La présence, au niveau de la taille de raccords avec d’autres textures et d’autres matériaux, parfois moins extensibles que le collant lui-même, peuvent aussi être des zones de fragilités importantes.

La couture manuelle évite certains défauts sur ces zones très spécifiques, notamment parce qu’il est parfois nécessaire de découper pour remailler le collant. Cela évite également des bourrelets assez gênant au niveau des orteils.

S’ensuit des étapes d’apprêtage qui vont permettre de donner au produit son aspect final par différents traitements chimiques, mécaniques et/ou thermiques.

4/ Apprêtage – la teinture

Le procédé industriel classique est celui d’un grand tambour dans lequel le collant est nettoyé puis teint avec un colorant en fonction du rendu souhaité. La durée et la température utilisées dépendent du tissu et des fils utilisés.

Généralement réalisée vers 50°C, la température peut monter à 90°C pour accélérer la teinte. Les pièces sont ensuite assouplies grâce à un adoucissant. Dans certains cas, la teinture se fait non pas dans l’eau mais en présence de vapeur d’eau pour éviter d’abimer les fils.

5/ Apprêtage – Le formage

Il est réalisé sur un galbe en forme de jambe où les collants sont étirés pour contrôler la résistance du fil. Un traitement vapeur permet de former le collant avec une base haute plus large que le bas. Parce que nos jambes ne sont pas des tubes !!

Donc si nous enfilons un collant qui a exactement la même largeur de haut en, bas, il va s’étirer beaucoup plus au niveau des cuisses. Les fils seront sous tension et le risque de rupture est beaucoup plus important même en présence de fils guipés.

Si le formage est réalisé, l’étirage est réalisé à chaud, c’est-à-dire que l’on utilise la capacité du fil à se déformer à chaud pour conserver sont élasticité une fois refroidi. Le fil est moins tendu une fois porté, le risque de rupture est réduit.

Dans le cas de collants bon marché, cette étape n’est généralement pas réalisée et les collants emballés sans être détendus sur les zones les plus sollicitées. Vous les reconnaitrez en les déballant, le pied n’est pas formé.

Le procédé de fabrication inclut les étapes d’inspection/contrôle de conformité, d’emballage et d’expédition. L’inspection est importante dans le processus parce qu’elle permet d’identifier les défauts éventuels.

Il existe des marques qui proposent des collants obtenus à partir de fils issus du recyclage qui ne fileraient pas. Ce qui est peut être le cas si la matière recyclée est issue d’une même source (apparemment le cas pour les marques que j’ai identifiées) et si le procédé de fabrication est réalisé de manière plus soignée. Ces collants sont bien plus chers que ceux que l’on retrouve en supermarché. J’ai identifié REV Society et Swedish Stockings.

Le prix d’un produit de qualité n’est bien entendu pas le même : si le prix d’une paire de collant est en moyenne de 9 euros, il faut compte une vingtaine d’euros pour une paire de collants de bonne qualité.

J’ai lu beaucoup de choses sur la durabilité des collants, on y accuse les fabricants d’ajouter un produit qui les rendrait moins résistants aux UV… je ne sais pas d’où ça vient mais la réalité est beaucoup plus simple que cela.

Il est souvent fait mention de la création des collants en nylon dans les années 50 et de ce fameux test avec une voiture tirée par des collants. Sachez que l’on peut avoir un matériau très résistant quand on le sollicite d’une certaine manière et très fragile dans une autre.

Dans ce cas précis, si tous les fils sont sollicités en même temps, la résistance de l’ensemble sera plus importante qu’un seul fil accroché par un ongle ou un point dur.
Dit comme ça, c’est plus évident non ?

Quoi qu’il en soit, la durabilité dépend de la qualité du produit, mais également du soin apporté à l’objet. Et si on part sur une qualité suffisamment élevée, il sera peut être même possible de reprendre les accrocs sur collants, pour en augmenter encore la durabilité.

Sources
Textiles techniques
Savoirs d’histoire
Emission La quotidienne

Article bas contention
Images historiques
Rapport HOP

Petit lien vers le Thread Twitter :

https://twitter.com/Kako_line/status/1317882592176332801?s=20

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